Question au conseil municipal du 8 février : Échec de la politique communale de sécurité

Échec de la politique communale de sécurité
Depuis deux ans, ce n’est pas moins de sept incendies volontaires sur des bâtiments communaux qui ont eu lieu, sans parler des feux de bacs à déchets qui se sont intensifiés ces derniers mois. Ces faits sont le marqueur de l’échec de la politique municipale en terme de sécurité, pourtant annoncée comme première priorité de la majorité depuis 2014.

Des actes criminels
Nous dénonçons fermement les actes criminels d’incendies volontaires sur le gymnase des Buclos et la bibliothèque Mi-plaine survenus dans la nuit du 26 janvier. Ces deux équipements publics sont aujourd’hui fermés, ce qui entraine la fermeture des services et des activités scolaires et associatives. Ce sont donc au final, les enfants et les adultes usagers de ces structures qui se trouvent pénalisés, mais aussi les employés municipaux, les salariés et les bénévoles des associations qui sont contraints à des contorsions pour continuer à travailler au service des Meylanais.
Sans compter que l’argent et l’énergie, nécessaires pour reconstruire ces équipements, ne pourront plus être investis sur l’amélioration des services aux Meylanais.

Un changement de la politique de sécurité depuis 2014
L’élection du nouveau maire en 2015 vient renforcer l’aspect répressif de la politique de sécurité à Meylan. Ainsi, symboliquement, lors de son premier conseil municipal, le maire a annoncé, sans aucune concertation, l’armement de la police municipale. Pourtant, il est connu qu’une politique de sécurité cohérente et efficace s’appuie sur deux pans indissociables : la prévention et la répression.

Une répression renforcée
A nos yeux, la politique de répression a connu des développements avec un discours politique fermé, la mise en place de la vidéo-surveillance, une police municipale d’abord plus musclée, puis maintenant armée. De ce fait, la sécurité abandonne peu à peu ses missions de proximité, de dialogue, de lien social, d’éducation et de présence auprès des habitants, sans oublier les plaintes récentes de Meylanais qui se sont sentis heurtés dans leur relation avec la police municipale.

Une prévention abandonnée
Dans le même temps, la politique de prévention est affaiblie. Le groupe de prévention du comité local de la sécurité et de la prévention de la délinquance (CLSPD) n’a pas été réuni depuis 2013. Ainsi la commune n’assure plus la coordination des acteurs de la prévention (commune, état, écoles, collèges et lycées, associations, unions de quartier). La convention municipale avec l’APASE (Association pour la Promotion de l’Action Socio-Educative) qui permettait l’action de deux médiateurs dans la commune, a pris fin sans prolongement.

La nécessité d’une politique équilibrée
Ces incendies volontaires sont-ils le résultat de ce changement ? L’escalade entre la répression et la délinquance, sans aucune médiation pour amorcer le dialogue, peut conduire à la catastrophe. Il est toujours difficile de mesurer l’efficacité de la médiation et d’éducateurs spécialisés, prévention qui agit en amont, sans bruit et sans visibilité. Mais la violence des derniers événements est sans doute un indicateur de l’importance et de la nécessité de la prévention.
Aujourd’hui, la gendarmerie doit enquêter et arrêter les coupables, la justice doit condamner ces criminels qui, par leurs incendies volontaires, mettent en danger la vie des citoyens et détruisent le bien collectif.
La commune doit sans délai reprendre son rôle de prévention qui participe à la sécurité de tous, son rôle de médiation qui permet de réduire les conflits et les violences dans notre ville.

Quand allez-vous réunir le groupe de prévention du CLSPD pour élaborer une politique communale de prévention?

 

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Pourquoi négliger la prévention dans la politique de sécurité à Meylan

Malgré les annonces et déclarations sécuritaires des élus de Meylan (armement de la police municipale, installation de la vidéo surveillance), les délits d’incendies volontaires se multiplient à Meylan (abris-bus , containers à ordures, friche de la piscine des Ayguinards).
Preuve s’il en était besoin qu’une véritable politique de sécurité ne saurait exister sans le 2ème pilier que constitue la prévention de la délinquance. Comme d’ailleurs le préconise le rapport sur le sujet, présenté le 29 Sept.2015 à Boulogne Billancourt par le très libéral Guy Sorman, et qui met notamment l’accent sur la coordination et qualification des intervenants de toutes les institutions (prévention spécialisée du Conseil Départemental, éducateurs de la Commune et médiateurs de la maison de la justice et du droit, infirmière scolaire, police etc)…

Les rapports actuels existant sur la vidéo- surveillance montrent à la fois sa relative efficacité et ses limites.
– Efficacité relative dans les lieux clos (parking, écoles): elle permet une identification a postériori -à
hauteur de 14% environ- des auteurs de délits. C’est un outil de police judiciaire, mais installé et payé par la commune (est-ce son rôle?) , qui peut être utile pour la gendarmerie.
– Limites : impact faible sur le sentiment d’insécurité (M. Gill et A. Spriggs), ainsi que sur le comportement des délinquants, et par ailleurs cet impact faible ne dure pas.

Il est à noter que l’effet de la video surveillance -qui est restreint-, se renforce lorsqu’elle est couplée avec des mesures de prévention de la délinquance : la video- surveillance permettant notamment la ré-appropriation par la population de lieux jugés jusque là dangereux. A condition que la prévention spécialisée, médiation sociale etc… existe.

Or, Mr le Maire, votre équipe semble s’être est appliquée à réduire voire à supprimer* toute prévention ( *prévention secondaire).
Je rappelle pour la clarté de mon explication que l’on distingue 3 type de prévention: la prévention primaire, la prévention secondaire, et la prévention tertiaire.
La prévention primaire relève des politiques publiques dites « de droit commun » en particulier dans le domaine éducatif et de la parentalité. Certaines sont menées sur la commune ; mais un certain nombre a été supprimé : les chantiers jeunes, l’espace Chantourne, le PIJ…
La prévention secondaire s’exerce en direction de publics ciblés, que l’on connait, que l’on a décelé, tandis-que la prévention tertiaire consiste à prévenir la récidive.

L’exécutif communal semble s’être appliquée à supprimer toute politique de prévention secondaire:
1). Le rapport des jeunes avec la police municipale pourra difficilement dans l’avenir être un rapport de proximité et de confiance : vous avez décidé l’armement de la police municipale, choisi de lui donner une image et un rôle répressif. Difficile de dialoguer avec des jeunes, armes à la ceinture ! Passe encore, si vous aviez des éducateurs de prévention, aptes à nouer des relations avec les jeunes, qui pourraient leur éviter de passer à l’acte comme en ce moment.
2) Mais votre équipe, vous même, avez supprimé la prévention spécialisée, et la convention avec l’APASE. [Cette convention que j’avais moi- même initiée à la fin des années 90 avec le Conseil général de l’époque, n’était pourtant qu’un début, il aurait fallu aller plus loin !].

Mr le Maire, pourquoi négligez vous la Prévention dans votre politique de Sécurité ? Comptez vous y remédier ?

Question écrite posée par Marie-Odile Novelli au conseil municipal du 16 nombre

Est-il justifié d’armer les policiers municipaux?

Intervention sur la délibération n°8 (note de synthèse) Convention de coordination entre la police municipale et la gendarmerie (M. Hérenger)

Cette convention mentionne dans son article 16 la vidéosurveillance ou vidéo protection, sujet de désaccord entre les élus de la majorité et d’AIMEylan largement évoqué lors de la campagne municipale, en conseil ainsi que lors des séances du CLSPD.
En revanche un élément tout à fait nouveau apparaît article 17 « autorisation d’acquisition et de détention d’armes de catégories B pour les policiers municipaux ». Quand ce sujet a-t-il été évoqué ?
Dans quelle instance a-t-il été débattu et avec qui ?

Hier, d’ailleurs à Beauvais la population répondait massivement contre (67%) suite au référendum ouvert par le maire sur la question de l’armement de la police municipale. Un référendum ???….. et les Meylanais, qu’en pensent-ils ?
Rappelons que les missions d’ordre public attribuées traditionnellement à la police municipale sont composées d’un triptyque : la salubrité, la tranquillité et la sécurité publiques.
La simple présence des policiers municipaux dans la ville peut dissuader des personnes de jeter des détritus au sol (salubrité publique), de mettre de la musique trop forte (tranquillité publique) ou d’empêcher des délinquants de commettre un vol à l’arraché (sécurité publique). Ainsi, imposer des rondes aux policiers municipaux sur des plus grandes plages horaires peut être rassurant pour les citoyens et efficace pour dissuader les éventuels délinquants. On peut alors parler d’un rôle pro-actif de prévention.

Le rôle actif de répression est dans les prérogatives de la police et de la gendarmerie nationale. Les agents sont formés à cela durant une année.
La police municipale quant à elle a une formation de 6 mois puis de 15 jours spécifiques en cas de dérogation pour un port d’armes de catégories B. Il est toutefois très courant que les policiers municipaux demandent ce type de port d’armes.

Mais la question n’est pas dans la remise en cause du professionnalisme des agents qui sans aucun doute connaissent bien leur métier et font preuve d’un véritable investissement pour garantir la sécurité des Meylanais. Les malheureux événements de cet été en attestent.
La vraie question que nous devons nous poser, au-delà même des idéologies politiciennes, c’est :
Pourquoi faire ?
Qu’est-ce qui justifie cet équipement aujourd’hui à Meylan ?
Évolution de la délinquance ? Ce n’est pas ce que dit le dernier rapport du CLSPD
Des problématiques spécifiques ?
Quel est le diagnostic ?
Quelle est l’analyse du phénomène ?
Les policiers se sentent-ils pris pour cible ?
Les différentes agressions constatées à Meylan se produisent plus dans leur champ d’action et en journée ?
Quel est le but de cet élargissement des compétences ?
Améliorer ou compenser la police d’État ?

En ces temps de disette où les policiers nationaux et les gendarmes ne cessent de diminuer, l’armement est-il une réponse à ce désengagement de l’État ?
Ce type d’action (coûteuse pour une commune) ne risque-t-il pas à terme de faire encore diminuer les effectifs de la protection nationale ? Seules les communes riches à terme pourront se sentir protégées ? Est-ce cela notre message ?

Voulons-nous des policiers qui fassent traverser nos enfants sur les passages piétons équipés d’un calibre 38 ?
La dite surveillance par vidéoprotection doit avoir un effet dissuasif et permettre une réactivité des policiers municipaux.
Quelle est la vocation de l’arme ?
Doit-elle servir à se défendre ou envisage-t-on de déléguer la sécurité quotidienne de la population à la police municipale plutôt que nationale ?

Bien entendu le terrorisme fait peur aujourd’hui, Monsieur Guiguet nous a dit en commission que les attentats de janvier dernier l’on fait réfléchir pour cet armement ?
Ce ne sont pas les armes des terroristes le problème ni celles des policiers c’est l’esprit même des terroristes car ils n’ont pas peur face à des militaires armés et nombreux … Alors où est la limite ?

Pour répondre aux attentats de janvier il ne fallait pas des armes de catégories B mais des armes de guerre ! À quand les chars d’assauts et les bazookas ?

Doit-on réfléchir en pensant le pire au cas où ? Alors il faut des policiers armés devant chaque école, dans les bus le soir… Bien entendu que cette tentation existe mais alors à quand les milices de quartier pour protéger les biens ?
Parfois peut-être doit-on admettre qu’il faut savoir prendre les mesures appropriées et armer les policiers municipaux mais l’esprit de la loi est une étude au cas par cas en fonction de la réalité des communes, quelle est cette réalité aujourd’hui à Meylan ?
Notre rôle dans une commune comme la nôtre où il fait bon vivre, n’est-il pas dans la mesure, dans la désescalade qui est un véritable enjeu de maintien de l’ordre en terme de prévention ?

Si demain les policiers municipaux de Meylan doivent être armés, interrogeons les Meylanais.