Une vie démocratique communale; le travail sur les projets structurants

Intervention de A. Jammes,
 conseiller municipal AIMEylan lors du débat d’orientation budgétaire du conseil municipal du 8 Février 2016

En début d’année, vous avez lancé une large concertation baptisée « projet de vie pour une ville durable ». Ce projet était destiné à définir les priorités d’actions de la commune pour les prochaines années. Le livrable de cette démarche devait être le Débat d’Orientations Budgétaires.

Cette démarche, conduite avec beaucoup d’énergie et de conviction par Mme Hours, a fait un flop total.

D’une part dans son déroulement avec une très faible participation dans les ateliers, non représentative de ceux qui vivent et travaillent sur notre commune. Face à ce constat, vous avez lancé une enquête auprès de la population (là encore, les personnes qui travaillent sur notre commune, participent à la vie de notre commune, utilisent nos équipements…ont été oubliés).

Dans cette enquête, les meylanais ont affirmé leurs priorités, avec quatre axes principaux :

  • Les services pour la petite enfance (crèches)
  • Les services d’aides pour les personnes âgées
  • La sécurité des biens et des personnes
  • Les services pour le scolaire et périscolaire

Et plus précisément, trois services devaient être développés au niveau des quartiers :

  • Une crèche
  • Des commerces de proximité
  • Une école maternelle ou primaire.

C’est également un flop sur le fond : c’est quasiment le même jour où vous annonciez les résultats de cette enquête que vous décidiez de regrouper trois crèches en un point unique.

A quoi cela sert de mener une concertation, avec des coûts non négligeables et un investissement en temps de citoyens, si c’est pour prendre une décision contraire aux souhaits des Meylanais ?

Plus globalement, cette démarche de concertation était l’occasion de réfléchir collectivement à l’évolution des équipements de quartier. Occasion ratée !

Le seul domaine où vous donnez la priorité est la sécurité des biens et des personnes ; quid des services aux personnes âgées, aux services pour le scolaire et le péri-scolaire ? Quid des équipements sportifs et culturels ?

Nous reviendrons sur ces sujets un peu plus tard.

C’est enfin un flop sur les objectifs de cette concertation. Cette démarche devait aboutir à des orientations pour les prochaines années, et donc à une élaboration débattue d’un Plan Pluriannuel d’Investissement. Près d’une année de travail et aucune vision sur les investissements de notre commune pour les prochaines années…

Seul le Contrat de Performances Energétique (CPE) est cadré sur plusieurs années. Mais quid des investissements à prévoir pour la rénovation de bâtiments communaux comme les gymnases… pour nous, une rénovation de gymnase par mandat est un rythme minimum pour maintenir notre patrimoine en état. C’est contraints et forcés par l’incendie dramatique du gymnase des Buclos que vous allez être contraints de rénover ce gymnase. Quid des autres bâtiments communaux (écoles, piscine, stades, mairie…) ? Vous n’anticipez pas, vous subissez les événements…

Les Meylanais n’en ont pas fini avec le « système Tardy » !

Nous venons d’apprendre le renvoi devant le tribunal correctionnel de notre ancienne maire Mme Tardy pour prise illégale d’intérêt. L’instruction est close et le procès aura lieu au tribunal de Grenoble le 9 février prochain.
Selon la presse, elle est accusée d’être intervenue dans au moins trois opérations immobilières sur la commune pour favoriser le cabinet d’architectes de son mari.
Le code pénal prévoit jusqu’à 500 000 euros d’amende et 5 ans d’emprisonnement pour une prise illégale d’intérêt.
Nous attendons que justice soit rendue.

Nous dénonçons les élus qui pensent pouvoir s’affranchir du droit et de la démocratie. Nous dénonçons les élus qui confondent intérêt public et intérêts privés. Seule la transparence avec les citoyens et avec l’opposition permet d’éviter ces dérives.

Nous dénonçons les élus qui outrepassent les règles et nous exigeons:

  • Que la commune ne fasse plus appel aux entreprises des conjoints des élus en faisant fi des règles des marchés publics.
  • Que le nouveau maire régularise enfin sa situation sur la liste électorale et donne sa véritable adresse.
  • Que le conseil puisse savoir qui utilise les véhicules de la commune et en particulier qui utilisait l’ancienne voiture du maire…

Nous demandons plus de débats sur les décisions à prendre comme:

  • La fermeture des crèches (familiale, Buclos, Tamiers, Fauvettes) et la construction d’une méga crèche en zone inondable,
  • Un projet de résidence en lieu et place de la piscine des Ayguinards,
  • La mise en place d’une carte scolaire qui défavorise la mixité sociale,
  • Les critères d’attribution des subventions aux associations…

Quand tournons-nous la page ?

(expression politique d’AIMEylan dans le journal municipal décembre 2015)

Regroupement des crèches des Buclos/Tamiers/Fauvettes à l’école des Buclos

Conseil Municipal du 16 Novembre 2015
Délibération n° 2 

(Intervention MO Novelli, élue écologiste* de AIMeylan ) (*les journalistes oublient que nous sommes un rassemblement)

Regroupement des locaux de la petite enfance (Buclos/Tamiers/Fauvettes) dans les locaux de l’ex école primaire des Buclos – Lancement de la consultation pour la mise en place d’un marché de Conception, Réalisation, Exploitation et Maintenance (CREM)

Cette délibération pose plusieurs problèmes :
- Elle impose un choix unique 
- d’une grosse unité de 90 Places environ dans une zone à risques inondables, 
- avec suppression brutale de crèches sans concertation .

Un choix unique imposé : un équipement stratégique dans une zone à risques particuliers 
Le marché de Conception Réalisation (qui est tout à fait intéressant en temps ordinaire pour réhabiliter un ouvrage par exemple), fait l’impasse sur le débat d’orientation stratégique concernant l’opportunité de ce choix. En d’autres terme, vous mettez la charrue avant les boeufs. Et cela peut – être grave, me semble – t- il, car un service public petite enfance en zone Violette du PPRI impose des contraintes particulières. Je me demande même s’il ne vous faut pas apporter la démonstration que vous ne pouvez pas mettre cette crèche ailleurs dans la commune. Une crèche n’est pas une école. Or cette analyse territoriale n’est pas faite. En quoi ce choix des Buclos est – il le le meilleur, le plus opportun ? 
Vous avez en effet d’autres choix possibles : d’abord certaines crèches existent, que vous voulez supprimer, alors qu’à proximité du quartier des Béalières se construisent beaucoup de logements. Ensuite, d’autres projets urbanistiques sont à venir.

Il y a du reste contradiction complète entre l’hypothèse large ( « la commune envisage le regroupement … ») avec un laps de temps assez lointain de la réalisation ( 2018) , et le choix effectué « une fois pour toute » qui se porte sur un méga-équipement pour bambins en zone inondable à contraintes particulières. Le choix est prématuré, en tous cas non étayé.

C’est dommage du reste, car le désir d’améliorer le service petite enfance est au départ un bon principe. Nous trouvons que votre idée de mettre en place une cuisine unique est intéressante : mais nous lui préfèrerions une cuisine centrale, et non pas unique, avec 90 bambins et bébés à faire manger dans un laps de temps assez contraint , une cuisine qui qui permette de livrer des repas de qualité en liaison chaude : ainsi, la question des cuisines des crèches de proximité ne serait plus un problème, car les repas seraient préparés ailleurs !

Enfin, une grosse crèche accueillant 90 Bambins constitue -t- elle un progrès social et environnemental ? 
Le choix d’une grosse structure avec une entrée unique est assez surprenant : aujourdhui, les communes réalisent essentiellement des équipements de multi- accueil de quartier d’une vingtaine de place. Sur 28 crèches grenobloises, une seule comporte environ 80 places. Etes vous vraiment certains que les employés , les bambins et leurs familles, vont trouver que leurs conditions d’accueil s’améliorent ? Et les habitants du quartier des Buclos qui vont voir s’intensifier le ballet des voitures particulieres ? Ce choix va au rebours des objectifs de réduction des émissions de GES auxquels les collectivités locales comme la France s’engagent à l’occasion de la COP21.

L’opportunité de ce choix en terme d’emplacement en zone inondable n’est pas établie, pas plus qu’en terme environnementaux et démocratiques.

C’est pourquoi nous vous demandons avec insistance de surseoir à cette délibération.