Réflexions sur le périscolaire meylanais

Intervention de Christel Refour lors du conseil municipal du 22 juin au nom du groupe AIMEylan

Je profite du vote du règlement périscolaire pour soulever quelques points à propos des TAP (Temps d’Activités Périscolaires) et de l’organisation scolaire en général.

On ne peut que se féliciter de l’organisation du périscolaire sur la commune, de son efficacité et de sa gestion administrative et technique. De la même manière on reconnait le travail des services de la ville et on les en remercie.

Comme le dit la délibération, il s’agit de «  simplifier l’organisation et la gestion du périscolaire ». Pour la commune c’est indéniable, pour les familles c’est moins évident.

La suppression de la garderie du mercredi matin ou des sorties à 15h le jeudi est une décision recevable d’un point de vue purement comptable ou administratif mais certaines familles, usagères de ces services cette année vont se retrouver ds des situations inextricables en septembre.

Oui le système meylanais est efficace et travaille à faire des économies, mais il n’est pas satisfaisant à nos yeux pour plusieurs raisons :

  • Quid de ce qu’on pourrait appeler « l’esprit de la loi Peillon» ? (alléger les temps d’apprentissage par jour, se concentrer sur les rythmes des enfants, faire des TAP des lieux et moments d’ouverture…)

88% des parents ayant répondu à l’enquête menée au printemps, pensent que ce nouveau rythme est inadapté, que le regroupement des activités le jeudi n’allège pas la semaine et que l’esprit de la loi aurait dû être respecté ; ils préféreraient que la journée scolaire soit raccourcie pour que les enfants terminent plus tôt. A noter également que les intervenants communaux et extérieurs sont plutôt d’accord avec cette analyse. Idem pour bon nombre d’enfants dans les analyses faites par les professionnels. Pourquoi ne prend-t-on pas en compte cet avis fortement majoritaire ? A-t-on perdu de vue l’intérêt des enfants et donc les objectifs de cette loi ?

  • Force est de constater que cette gestion très administrative ne laisse pas beaucoup de place à l’ouverture pourtant au cœur de la réforme :
    • Ouverture sur le monde et éveil des enfants. Pour une gestion plus facile, l’animation des TAP va se professionnaliser l’année prochaine avec des équipes d’animateurs communaux. Les intervenants extérieurs, plus compliqués à gérer certes, ont pourtant été très appréciés : bénévoles et associations, Horizons et bibliothécaires, etc… au profit d’une organisation plus « centre de loisirs »
    • Ouverture aussi en direction des parents ; nous nous faisons ici l’écho de nombreux parents d’élèves qui déplorent de n’être toujours solliciter que pour des présentations déjà ficelées. Bien conscients de ne pouvoir interférer en tout, ils regrettent néanmoins de ne pouvoir co -construire avec les services de la mairie et les élus concernés sur des sujets qui les touchent directement. Leur faible présence au Comité de pilotage du PEDT (Projet EDucatif Territorial) montre leur découragement. Il est vrai qu’ils ont aussi été échaudé par leur investissement sincère mais inutile dans les ateliers participatifs censés préparés la réforme à Meylan en 2014 ; ce manque de volonté de la commune de travailler (mais travailler vraiment !) avec les administrés que sont les parents est préjudiciable à la structure éducative meylanaise. 2 exemples :
  • Une pétition ayant recueillie 120 signatures en 4 jours à l’école élémentaire Mi Plaine montre un défaut de communication ou de lisibilité des actions de la mairie ;
  • D’autre part, nous venons de voter une délibération sur les mesures de carte scolaire de l’inspection académique qui prive Meylan de 2 postes clés. Cette délibération est importante et il fallait la voter. Mais une opération d’envergure, conjointe entre la mairie, les enseignants des 5 écoles et les parents d’élèves aurait eu beaucoup de poids et aurait peut-être permis de sauver ces postes.

Mais la collaboration, la concertation et la confiance ne viennent pas en 1 jour.

Bien sûr les enfants seront pris en charge l’année prochaine avec efficacité et organisation, mais est-ce là l’unique mission d’un service publique, nous avons le sentiment que la majorité municipale s’en tient au minimum organisationnel en ramassant le temps périscolaire sur un seul temps en présence d’un seul adulte. Il aurait fallu utiliser le champ ouvert par la loi pour être plus créatif, innovant, voire avant-gardiste comme Meylan a su l’être avec ses expériences de cours ouvertes, de médiation scolaire, de conseil municipal d’enfants. Il est encore temps de le faire.