Pourquoi négliger la prévention dans la politique de sécurité à Meylan

Malgré les annonces et déclarations sécuritaires des élus de Meylan (armement de la police municipale, installation de la vidéo surveillance), les délits d’incendies volontaires se multiplient à Meylan (abris-bus , containers à ordures, friche de la piscine des Ayguinards).
Preuve s’il en était besoin qu’une véritable politique de sécurité ne saurait exister sans le 2ème pilier que constitue la prévention de la délinquance. Comme d’ailleurs le préconise le rapport sur le sujet, présenté le 29 Sept.2015 à Boulogne Billancourt par le très libéral Guy Sorman, et qui met notamment l’accent sur la coordination et qualification des intervenants de toutes les institutions (prévention spécialisée du Conseil Départemental, éducateurs de la Commune et médiateurs de la maison de la justice et du droit, infirmière scolaire, police etc)…

Les rapports actuels existant sur la vidéo- surveillance montrent à la fois sa relative efficacité et ses limites.
– Efficacité relative dans les lieux clos (parking, écoles): elle permet une identification a postériori -à
hauteur de 14% environ- des auteurs de délits. C’est un outil de police judiciaire, mais installé et payé par la commune (est-ce son rôle?) , qui peut être utile pour la gendarmerie.
– Limites : impact faible sur le sentiment d’insécurité (M. Gill et A. Spriggs), ainsi que sur le comportement des délinquants, et par ailleurs cet impact faible ne dure pas.

Il est à noter que l’effet de la video surveillance -qui est restreint-, se renforce lorsqu’elle est couplée avec des mesures de prévention de la délinquance : la video- surveillance permettant notamment la ré-appropriation par la population de lieux jugés jusque là dangereux. A condition que la prévention spécialisée, médiation sociale etc… existe.

Or, Mr le Maire, votre équipe semble s’être est appliquée à réduire voire à supprimer* toute prévention ( *prévention secondaire).
Je rappelle pour la clarté de mon explication que l’on distingue 3 type de prévention: la prévention primaire, la prévention secondaire, et la prévention tertiaire.
La prévention primaire relève des politiques publiques dites « de droit commun » en particulier dans le domaine éducatif et de la parentalité. Certaines sont menées sur la commune ; mais un certain nombre a été supprimé : les chantiers jeunes, l’espace Chantourne, le PIJ…
La prévention secondaire s’exerce en direction de publics ciblés, que l’on connait, que l’on a décelé, tandis-que la prévention tertiaire consiste à prévenir la récidive.

L’exécutif communal semble s’être appliquée à supprimer toute politique de prévention secondaire:
1). Le rapport des jeunes avec la police municipale pourra difficilement dans l’avenir être un rapport de proximité et de confiance : vous avez décidé l’armement de la police municipale, choisi de lui donner une image et un rôle répressif. Difficile de dialoguer avec des jeunes, armes à la ceinture ! Passe encore, si vous aviez des éducateurs de prévention, aptes à nouer des relations avec les jeunes, qui pourraient leur éviter de passer à l’acte comme en ce moment.
2) Mais votre équipe, vous même, avez supprimé la prévention spécialisée, et la convention avec l’APASE. [Cette convention que j’avais moi- même initiée à la fin des années 90 avec le Conseil général de l’époque, n’était pourtant qu’un début, il aurait fallu aller plus loin !].

Mr le Maire, pourquoi négligez vous la Prévention dans votre politique de Sécurité ? Comptez vous y remédier ?

Question écrite posée par Marie-Odile Novelli au conseil municipal du 16 nombre