Église intégriste du Bachais: question de droits ou de valeurs ?

Communiqué de presse des élus AIMEylan (4/2/18)

Construction d’une église intégriste à Meylan:
question de droits ou de valeurs ?

Nous avions déposé un vœu pour que le nouveau maire retire le permis de construire signé le 12 décembre dernier qui permet la construction d’une église intégriste pouvant accueillir 300 personnes. Nous pensons que ce dossier n’a pas été suffisamment instruit autant d’un point de vue de l’urbanisme, que de celui de l’impact sur la vie de notre commune.

Une courte majorité de conseillers (18 sur 33) a suivi l’avis du maire et s’est réfugiée derrière le droit pour ne pas accéder à notre demande de retrait. Pour eux, il ne s’agirait là que d’une question de droit d’urbanisme. Il reste d’ailleurs quelques problèmes d’urbanisme dont le maire a reconnu qu’il faudrait les rediscuter avec la fraternité sacerdotale St Pie X ; à savoir, le droit de passage dans la copropriété adjacente, le nombre de place de parking insuffisant, et plus globalement l’accessibilité pour un si grand nombre de personne (accès à la voirie et dangerosité du carrefour, accès aux transports en commun, évacuation en cas d’urgence…). Mais ces points ne remettraient pas en cause la signature du permis selon l’adjoint à l’urbanisme, lui aussi novice. Si des recours étaient déposés, ce serait à la justice d’en juger.

Il est facile de s’en tenir à une stricte application du droit pour ne pas discuter le caractère intégriste de cette opération démesurée par rapport à notre commune, à la taille de l’école et à la communauté de fidèles susceptibles de se joindre aux offices. Rappelons que ce mouvement  (fraternité sacerdotale st Pie X) refuse à chacun la liberté de religion, se plaçant ainsi dans une attitude extrêmement réactionnaire qui date d’avant l’édit de Nantes (1598) ! Les liens avec l’extrême droite et le mouvement politique Civitas sont notoires et avérés (cf le site media-presse.info). Par exemple, les prêtres de la fraternité participent à des camps d’entrainement paramilitaires de jeunesse organisés par Civitas pour former les jeunes à l’action.

Nous pensons qu’il faut défendre avec force nos valeurs de tolérance, de liberté, d’égalité et de fraternité. Et dans nos choix, il faut éviter les soutiens aux radicalisations qui ne respectent pas les droits de l’Homme et les valeurs de la République. Nous sommes respectueux de la liberté de culte mais cette dernière s’applique à ceux qui reconnaissent les droits de tous, comme celui de croire ou de ne pas croire, comme celui de respecter les autres religions pour peu qu’elles respectent elles-mêmes ces droits, comme l’égalité entre les femmes et les hommes…