Est-il justifié d’armer les policiers municipaux?

Intervention sur la délibération n°8 (note de synthèse) Convention de coordination entre la police municipale et la gendarmerie (M. Hérenger)

Cette convention mentionne dans son article 16 la vidéosurveillance ou vidéo protection, sujet de désaccord entre les élus de la majorité et d’AIMEylan largement évoqué lors de la campagne municipale, en conseil ainsi que lors des séances du CLSPD.
En revanche un élément tout à fait nouveau apparaît article 17 « autorisation d’acquisition et de détention d’armes de catégories B pour les policiers municipaux ». Quand ce sujet a-t-il été évoqué ?
Dans quelle instance a-t-il été débattu et avec qui ?

Hier, d’ailleurs à Beauvais la population répondait massivement contre (67%) suite au référendum ouvert par le maire sur la question de l’armement de la police municipale. Un référendum ???….. et les Meylanais, qu’en pensent-ils ?
Rappelons que les missions d’ordre public attribuées traditionnellement à la police municipale sont composées d’un triptyque : la salubrité, la tranquillité et la sécurité publiques.
La simple présence des policiers municipaux dans la ville peut dissuader des personnes de jeter des détritus au sol (salubrité publique), de mettre de la musique trop forte (tranquillité publique) ou d’empêcher des délinquants de commettre un vol à l’arraché (sécurité publique). Ainsi, imposer des rondes aux policiers municipaux sur des plus grandes plages horaires peut être rassurant pour les citoyens et efficace pour dissuader les éventuels délinquants. On peut alors parler d’un rôle pro-actif de prévention.

Le rôle actif de répression est dans les prérogatives de la police et de la gendarmerie nationale. Les agents sont formés à cela durant une année.
La police municipale quant à elle a une formation de 6 mois puis de 15 jours spécifiques en cas de dérogation pour un port d’armes de catégories B. Il est toutefois très courant que les policiers municipaux demandent ce type de port d’armes.

Mais la question n’est pas dans la remise en cause du professionnalisme des agents qui sans aucun doute connaissent bien leur métier et font preuve d’un véritable investissement pour garantir la sécurité des Meylanais. Les malheureux événements de cet été en attestent.
La vraie question que nous devons nous poser, au-delà même des idéologies politiciennes, c’est :
Pourquoi faire ?
Qu’est-ce qui justifie cet équipement aujourd’hui à Meylan ?
Évolution de la délinquance ? Ce n’est pas ce que dit le dernier rapport du CLSPD
Des problématiques spécifiques ?
Quel est le diagnostic ?
Quelle est l’analyse du phénomène ?
Les policiers se sentent-ils pris pour cible ?
Les différentes agressions constatées à Meylan se produisent plus dans leur champ d’action et en journée ?
Quel est le but de cet élargissement des compétences ?
Améliorer ou compenser la police d’État ?

En ces temps de disette où les policiers nationaux et les gendarmes ne cessent de diminuer, l’armement est-il une réponse à ce désengagement de l’État ?
Ce type d’action (coûteuse pour une commune) ne risque-t-il pas à terme de faire encore diminuer les effectifs de la protection nationale ? Seules les communes riches à terme pourront se sentir protégées ? Est-ce cela notre message ?

Voulons-nous des policiers qui fassent traverser nos enfants sur les passages piétons équipés d’un calibre 38 ?
La dite surveillance par vidéoprotection doit avoir un effet dissuasif et permettre une réactivité des policiers municipaux.
Quelle est la vocation de l’arme ?
Doit-elle servir à se défendre ou envisage-t-on de déléguer la sécurité quotidienne de la population à la police municipale plutôt que nationale ?

Bien entendu le terrorisme fait peur aujourd’hui, Monsieur Guiguet nous a dit en commission que les attentats de janvier dernier l’on fait réfléchir pour cet armement ?
Ce ne sont pas les armes des terroristes le problème ni celles des policiers c’est l’esprit même des terroristes car ils n’ont pas peur face à des militaires armés et nombreux … Alors où est la limite ?

Pour répondre aux attentats de janvier il ne fallait pas des armes de catégories B mais des armes de guerre ! À quand les chars d’assauts et les bazookas ?

Doit-on réfléchir en pensant le pire au cas où ? Alors il faut des policiers armés devant chaque école, dans les bus le soir… Bien entendu que cette tentation existe mais alors à quand les milices de quartier pour protéger les biens ?
Parfois peut-être doit-on admettre qu’il faut savoir prendre les mesures appropriées et armer les policiers municipaux mais l’esprit de la loi est une étude au cas par cas en fonction de la réalité des communes, quelle est cette réalité aujourd’hui à Meylan ?
Notre rôle dans une commune comme la nôtre où il fait bon vivre, n’est-il pas dans la mesure, dans la désescalade qui est un véritable enjeu de maintien de l’ordre en terme de prévention ?

Si demain les policiers municipaux de Meylan doivent être armés, interrogeons les Meylanais.